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Fatoumata Diawara, son histoire, ses combats et son succès

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Fatoumata Diawara, son histoire, ses combats et son succès

On surprend dans ses yeux l’âme d’une enfant. Une enfant de 6 ans traumatisée à vie par les champignons qui, coupés la veille, repoussaient en 24h près de sa maison en Côte d’Ivoire. On décèle dans son regard cette fille désespérée de 9 ans qui s’est mise à danser continuellement, intensément après la mort soudaine de sa grande sœur.

Solitaire et précoce, malade et turbulente, la petite Fatou est envoyée au Mali par son père fatigué du comportement de sa fille âgée de 12 ans. Une autonomie excessive, une personnalité mal vue et une soif de liberté qui la rendent différente et l’éloignent de tous. On surprend dans ses yeux l’âme de cette Fatoumata qui n’a jamais aimé les rajouts, n’a jamais toléré l’injustice et n’a jamais suivi la foule… parce qu’elle a été appelée à la guider.

Aujourd’hui cette enfant a grandi, ne pleure plus autant et n’est plus triste comme avant. Longtemps jugée et critiquée, elle est devenue Fatoumata Diawara : une femme accomplie et rayonnante qui a su triompher de ses blessures d’antan.

Le concert LAMOMALI, l’aventure malienne de -M- débute dans deux heures à la Salle Pleyel, à Paris. Elle se maquille dans sa loge, une tisane à sa droite et un morceau de gingembre à porté de main. Fatoumata regarde son reflet dans le miroir et sourit : « Chaque jour est un cadeau. Tout ce que j’entreprends, je le fais au maximum comme si demain n’existait pas ».

Fatoumata n’a pas de limite, elle donne toute son âme et la chanteuse avoue : « C’est assez spécial comme énergie. Ça me fatigue ». Oui, mais jamais au point de renoncer à sa carrière artistique. Dire que tout a commencé par une seule réplique prononcée à l’âge de 14 ans : « Dina, on est entrain de te chercher » !

C’était pour le film malien Taafé Fanga sur lequel sa tante travaillait. L’avant dernier jour du tournage, Fatoumata était venue sur le plateau en tant que babysitter et avait attiré l’œil du réalisateur, Adama Drabo : «  Il avait dit mais c’est qui ce petit ange qui est tout le temps à nos pieds ?  Qu’est-ce qu’elle est venue faire ici ?  Il me voulait absolument à l’image. En fait, il voulait savoir si ce qu’il voyait en moi, il arriverait à le faire sortir sur l’écran ».

A cette époque, plusieurs réalisateurs venus d’Afrique répondent présent pour féliciter Adama Drabo et ont alors l’occasion de regarder la séquence de Fatoumata. Cheick Oumar Sissoko la rappelle 3 mois plus tard pour jouer dans La Genèse et interpréter le rôle de Dina justement, comme si tout était écrit. Très contente de cette expérience, l’actrice a ajourd’hui du recul. «  Ce n’était pas de l’acting mais de la télépathie. J’ai été guidée, on me disait de faire des choses et je les faisais. Je ne connaissais même pas le scénario mais j’avais un premier grand rôle (rires) » !

Après ça, Fatamouta n’a rien décidé, elle a suivi son instinct. Elle est allée d’écran en écran, de connexion en connexion, de rencontre en rencontre jusqu’à celle qui a changé sa vie : « Un grand monsieur », du nom de Sotigui Kouyaté. Son formateur et son mentor, celui qui lui a appris la dureté et qui l’a fait travailler jusqu’aux larmes. Sur le projet Antigone de Sophocle, il lui a enseigné qu’un « bon acteur, c’est celui qui ne joue plus ».

Une phrase déterminante pour la jeune fille de 18 ans. « Aujourd’hui je me sers de tout ce qu’il m’a appris. Il y a des gens qui me demandent comment je fais pour avoir la même énergie depuis 2011, je tourne comme une malade et je danse comme une malade ! Je ne prends même pas de vitamine C (rires), je bois de la tisane du matin au soir.  Je dois tout à ce monsieur ».

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